rasolofomanana.nadia@gmail.com

Nadia Rasolofomanana a obtenu son Master en Paléontologie en 2016 et est actuellement doctorante à la Faculté des Sciences de l’Université d’Antananarivo. Depuis 2013, elle enchaine travaux sur terrains et cours théoriques au Département de Paléontologie et de ce fait, a acquis des expériences considérables dans son domaine. Femme de terrain, elle a fait partie de plusieurs projets de fouilles paléontologiques qui l’ont conduit à explorer des sites fossilifères dans presque tout Madagascar – des sites boueuses des haut-plateaux (Sambaina, Analavory) aux formations marines de Morondava et du Nord-Ouest de Madagascar (Berivotra & Nosy Makamby-Mahajanga). 

Parce que beaucoup de questions restent sans réponses sur l’histoire des anciens animaux de Madagascar, Nadia a choisi de continuer ses recherches sur le paléoenvironnement et la taphonomie des sites subfossilifères des haut-plateaux malagasy.

Nadia, en pleine explication de l’importance des débris fossiles prélevés par les paléontologues en herbes du programme Sciencing Out (crédit photo: Tsiory Andrianavalona)

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ExploH – Qu’est-ce qui vous motive dans votre travail ?

La passion et la perspective de réussite sont mes principales motivations dans mon travail. J’aime ce que je fais, et cela donne un sens à mon travail. Il ne représente pas un devoir mais une source d’épanouissement car il me permet de grandir, de réussir et de partager.

ExploH – Quelle partie de votre travail aimez-vous le plus ?

Le travail au laboratoire est ce que j’aime le plus. 

ExploH – Racontez-nous une anecdote de terrain qui vous a le plus marquée.

Notre équipe menait une expédition pour la première fois dans la commune d’Analavory (Antananarivo, Madagascar) en 2018. Les quatre premiers jours, les recherches n’ont pas été fructueuses. Le moral de l’équipe était au plus bas. Le lendemain, pour détendre l’atmosphère, un collègue a lancé le pari de trouver un crâne complet de crocodile fossile. Il faut savoir que les conditions sur terrains étaient assez difficiles : le soleil tapait fort, des sources d’eau souterraines jaillissaient sans interruption, ce qui rendaient les fouilles d’autant plus difficiles. Sans crier gare, ce collègue a décidé d’un coup de tête de plonger dans l’eau boueuse qui lui arrivait jusqu’au cou, cela amusait l’équipe. Et hop ! au fond du trou, il touchait quelque chose qui a des formes et une texture différente. Surpris de son appel, l’équipe entière s’est mise à l’aider pour dégager le fossile hors du trou. On sentait le poids de la fatigue et du découragement s’envoler d’un coup, on était surexcité. A notre grande joie, c’était un synsacrum d’un oiseau éléphant de Madagascar (Aepyornis). On se battait pour le nettoyer, on voulait crier au monde « Enfin !!! ». Et voilà, on a trouvé un trésor. A partir de cet instant, comme si ce synsacrum signait le début de grandes découvertes ; les collectes se succédaient, des os longs d’hippopotames, des vertèbres de crocodiles, en passant par des crânes de grands lémuriens.

Cette expérience restera gravée dans ma mémoire, elle m’a beaucoup appris sur la valeur du travail en équipe, et a confirmé ma passion pour ce que je fais.

ExploH – Si vous vous identifiez à une espèce animale ou végétale, ce serait laquelle ?Pourquoi ? 

Une lionne. J’aime son caractère combatif et son courage.

ExploH – Qu’est-ce que vous trouvez le plus difficile dans votre travail ?

Le travail de terrain nécessite de la force physique. De ce fait, j’ai eu du mal à trouver ma place au début. Mais dans l’ensemble, la persévérance est une qualité qu’il faut avoir, il ne faut jamais se décourager, c’est difficile de faire preuve de courage mais cela forge le caractère et nous aide à se surpasser.

ExploH – Si vous n’étiez pas un scientifique, quel métier auriez-vous choisi ? 

J’aurai aimé être une institutrice.

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