Rindra RAKOTOARIVONY est Enseignant-Chercheur vacataire à l’Université d’Antananarivo depuis 2013. Il a fait ses études universitaires au sein de la Mention d’Anthropobiologie et Développement Durable (Faculté des Sciences, Université d’Antananarivo), se concentrant sur l’étude et la conservation des lémuriens du Parc National Ankarafantsika. Pour son doctorat, il a choisi de poursuivre ses recherches sur les origines génétiques de la population malgache depuis 2015. Il a obtenu son diplôme de doctorat en 2019 dans le cadre d’une collaboration de l’Université d’Antananarivo et l’Université d’État de Pennsylvanie (USA).

Extraction d’ADN, laboratoire de génétique George Perry, Université d’Etat de Pennsylvanie, USA

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ExploH – Qu’est-ce qui vous motive dans votre travail ?

En tant que jeune enseignant, les séances d’enseignement ne s’agissent simplement pas de donner des théories axées sur les cours mais aussi de partager ce qui est faisable dans la vie quotidienne. Ainsi, j’apprends et j’enseigne, je reçois en même temps que je donne.

En tant qu’anthropologue, travailler sur le corps humain et surtout son côté physique est fascinant. Il reste encore tant de choses à apprendre. On peut explorer le côté visible que le côté invisible. En plus, c’est un domaine qui peut être lié à beaucoup d’autres. Par exemple, l’environnement, la génétique, la médecine, la psychologie, les traditions….

En tant que généticien, le progrès de la technologie et de la recherche est impressionnant. Il est réjouissant de pouvoir y avoir accès. Peut-être que j’ai eu de la chance, mais même si je suis retourné au pays, je continue montravail et je cherche les moyens pour progresser. C’est un peu plus difficilequ’aux Etats-Unis mais je m’adapte et je persiste. Et j’adore relever ce genre de challenge !

En tant qu’environnementaliste, je suis convaincu que notre richesse en biodiversité pourrait nous emmener loin. L’environnement fait apparaître des liens inattendus au niveau de la société. Par exemple, les lémuriens ne font pas qu’attirer des touristes mais ils font aussi vivre des villages entiers et créent des initiatives de protection et de conservation.

ExploH – Quelle partie de votre travail aimez-vous le plus ?

Je dirais faire de la génétique à Madagascar. C’est un domaine qui estdifficilement exploitable dans notre pays étant donné que les matériels sont insuffisants. Pourtant, cette insuffisance nous pousse à dépasser leslimites de nos moyens, à trouver des collaborateurs venant de l’étranger età solliciter ces collaborateurs à effectuer certaines parties des recherches àMadagascar mêmes pour aider nos étudiants.

ExploH – Racontez-nous une anecdote de terrain qui vous a le plus marquée.

Lorsque j’effectuais mes travaux de laboratoire aux Etats-Unis, il m’arrivaitde faire une série de plusieurs extractions d’ADN. Il y avait un protocole à respecter. Une fois, j’ai jeté accidentellement la solution qui était sensée contenir l’ADN. Alors, il a fallu que je refasse tout le protocole pour un échantillon avec la série suivante. Il a fallu deux fois plus de concentrationpour ne pas refaire l’erreur. En effet, plus votre travail est long, plus ilrequiert de la concentration !

ExploH – Votre leitmotiv en tant que scientifique ?

“Ayez la rage de vaincre”

Pr Ranivoharimanana Lovasoa

“N’abandonnez jamais”

Pr Ratsimbazafy Jonah

ExploH – A quel outil que vous utilisez dans votre travail vousidentifieriez vous ? Pourquoi ?

Si j’étais un outil de mon travail, je m’identifierais à un super ordinateur. En effet, les travaux sur les ADN ne se limitent pas à l’obtention des échantillonsde base (salive, sang, cheveux,…) ou à l’extraction de l’ADN de l’échantillon de base. Les données brutes des laboratoires seront transformées en données électroniques par la lecture des informations que l’ADN renferme. Et ce
sont ces données électroniques provenant de l’ADN qui seront analysées avec des programmes informatiques. C’est la bioinformatique : l’analyse des données biologique par des outils informatiques. C’est à ce moment-là que
la performance d’un ordinateur est essentielle car les calculs à effectuer sontnombreux. Plus l’ordinateur est performant, plus les analyses sont rapides.

ExploH – Qu’est-ce que vous trouvez le plus difficile dans votre travail ?

En tant qu’enseignant à l’Université, il faut parfois être très créatif pour trouver le bon équilibre entre ce que vous enseignez et la manière dont les étudiants vont le comprendre.
En tant qu’anthropologue, il existe encore beaucoup de caractères à étudier sur le corps humain. Mais il faut savoir sur lesquels d’entre eux les recherches seront faisables à Madagascar sansdépenser une fortune. En effet, la recherche à Madagascar est peu soutenue,ce qui réduit en partie la vitesse de développement de notre pays.
En tant que généticien travaillant à Madagascar, les matériels font cruellement défaut en plus de la faible accessibilité aux technologies nécessaires à l’accomplissement des analyses de données. On arrive à avancer mais très lentement.

ExploH – Si vous n’étiez pas un scientifique, quel métier auriez-vous choisi ?

J’aurais aimé être diplomate, un ambassadeur. Il est en quelque sorte un gestionnaire d’entreprise mais à une plus grande échelle. Il peut être à la fois dans son pays et à l’étranger. Il peut travailler peu importe le lieu où il se trouve.

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